Couverture pour La Rage de l'expression

Ponge, La Rage de l’expression. « Le carnet du bois de pins »
(Explication linéaire)



Le carnet du bois de pins
21 août 1940
Parlons simplement : lorsqu'on pénètre dans un bois de pins, en été par grande chaleur, le plaisir qu’on éprouve ressemble beaucoup à celui que procurerait le petit salon de coiffure attenant à la salle de bains d'une sauvage mais noble créature.
Brosserie odoriférante dans une atmosphère surchauffée et dans les vapeurs qui montent de la baignoire lacustre ou marine. Cieux comme des morceaux de miroirs à travers les brosses à longs manches fins tout ciselés de lichens. Odeur sui generis des cheveux, de leurs peignes et de leurs épingles. Transpiration naturelle et parfums hygiéniques mélangés. Laissées sur la tablette de la coiffeuse, de grosses pierres ornementales par-ci par-là, et dans les cintres ce pétillement animal, ce million d'étincelles animales, cette vibration musicale et chanteuse. À la fois brosses et peignes. Brosses dont chaque poil a la forme et le brillant d'une dent de peigne.
Pourquoi a-t-elle choisi des brosses à poils verts et à manches de bois violets tout ciselés de lichens vert-de-gris ? Parce que cette noble sauvage est rousse peut-être, qui se trempera ensuite dans la baignoire lacustre ou marine voisine. C'est ici le salon de coiffure de Vénus, avec l'ampoule Phébus insérée dans la paroi de miroirs.
Voilà un tableau dont je ne suis pas mécontent, parce qu’il rend bien compte d'un plaisir que chaque homme éprouve lorsqu’il pénètre en août dans un bois de pins. Un poète mineur voire un poète épique s’en contenterait peut-être. Mais nous sommes autre chose qu’un poète et nous avons autre chose à dire.
Si nous sommes entrés dans la familiarité de ces cabinets particuliers de la nature, s’ils en ont acquis la chance de naître à la parole, ce n’est pas seulement pour que nous rendions anthropomorphiquement compte de ce plaisir sensuel, c'est donc pour qu’il en résulte une co-naissance plus sérieuse. Allons donc plus au fond.


Introduction



Accroche


• Après le succès des poèmes en prose du Parti Pris des Choses (1942), Ponge fait évoluer sa démarche : il veut faire sauter les idées reçues sur la poésie avec La Rage de l’expression.
• Comme il le précise dans l’appendice au carnet du bois de pins : il réalise « l’assassinat du poème par son objet » !

Situation


• Ce « Carnet du bois de Pins » est le premier texte rédigé par Ponge : ce texte initie véritablement ce projet iconoclaste.
• Notre extrait montre comment Ponge fait voler en éclat un « topos » (lieu commun, cliché) de la poésie lyrique : le « locus amoenus » (lieu agréable en latin).
• Normalement, on s’attendrait à un bois idyllique, propice à la méditation et à l’amour. Nous serons vite détrompés.
• Ce texte, initialement intitulé « Notes pour le Plaisir du bois de Pins », propose un plaisir de lecture inattendu.

Problématique


Comment ce texte, revisite-t-il d’une façon singulière et ironique un lieu commun traditionnel pour créer un plaisir poétique nouveau ?

Mouvements de l'explication linéaire


1) Le premier paragraphe nous fait entrer dans le bois de pin, qui devient aussitôt un lieu à la fois familier et étrange…
2) Dans les deux paragraphes suivants, la description devient très sensuelle, détournant les attentes habituelles du lecteur.
3) Enfin, à partir de « voilà un tableau », le poète synthétise la scène pour commenter l’acte de création poétique lui-même : il en fait une véritable « conquête ».

Axes de lecture pour un commentaire composé


I. La subversion des lieux communs poétiques
   1) Déconstruction du locus amoenus
   2) Analogies inattendues et ironiques
   3) Références mythologiques détournées
II. L’expérience sensorielle et synesthésique
   1) Immersion sensorielle
   2) Synesthésies et mélange des perceptions
   3) Des images dynamiques et sonores
III. La réflexion métapoétique et créative
   1) Commentaire sur l’acte de création poétique
   2) Expérience de co-naissance
   3) Dimension esthétique et scientifique

Premier mouvement :
La découverte d’un lieu à la fois familier et étrange



21 août 1940
Parlons simplement : lorsqu'on pénètre dans un bois de pins, en été par grande chaleur, le plaisir qu’on éprouve ressemble beaucoup à celui que procurerait le petit salon de coiffure attenant à la salle de bains d'une sauvage mais noble créature.


Inviter le lecteur à faire une expérience familière


• Il s’agit manifestement d’un « journal poétique » avec une date « 21 août 1940 ». Le titre même du poème annonce un « Carnet » avec des prises de note sur le vif.
• Le narrateur s’adresse au lecteur avec une certaine proximité « Parlons simplement ». Cette simplicité ne nous surprend pas : elle correspond à l'idéal de clarté des écrivains classiques qui veulent plaire et instruire en même temps (placere et docere).
• Nous sommes donc invités à vivre une expérience commune, à entrer dans un bois de pins « on pénètre… on éprouve… ». Ce « on » indéfini a une valeur généralisante.
• Les circonstances annoncent un moment agréable : « lorsque… en été par grande chaleur… ». La subordonnée circonstancielle contribue à construire ce locus amoenus, cliché littéraire.
⇨ Le cadre est rassurant, familier, et Ponge crée une complicité avec le lecteur en l’incluant dans son écriture.

Entrer dans le bois de pins devient une expérience sensorielle


• Depuis le début du carnet, Ponge revient sans cesse au « plaisir », à la dimension sensuelle, ici notamment avec le verbe de perception « éprouver ».
• Cette sensation agréable est portée par les verbes au présent d’habitude : « pénètre », « éprouve », « ressemble ».
• Le sens du toucher domine : « par grande chaleur ».
• On peut souligner la connotation sexuelle de ce plaisir avec le réseau lexical : « pénètre, plaisir, chaleur ».
• Autre perception sous-jacente : les pas du promeneur dans la forêt avec l’allitération en P : « parlons, pénètre, pins, par grande chaleur, plaisir, éprouve, procurerait, petit salon… »
⇨ La nature « sensuelle » du plaisir éprouvé va s’épanouir à travers une analogie originale et très riche.

Ponge fait surgir une analogie surprenante


• Une comparaison inattendue est introduite par le verbe « ressemble » avec l’intensif « beaucoup ».
• La ressemblance ne va pas de soi, on perçoit une certaine ironie notamment dans le conditionnel « le plaisir que procurerait le petit salon de coiffure ».
• L’analogie surprend surtout par son prosaïsme et sa précision : le « petit salon de coiffure attenant », est une variante moderne du « boudoir » de la poésie galante !
• Ce « petit salon de coiffure » est un tout autre lieu commun qu’on retrouve dans l’estampe libertine du XVIIIe siècle, ou encore certains poèmes de Baudelaire comme « La Chevelure ».
⇨ Ce passage confronte donc des univers très différents, qui relèvent de lieux communs normalement assez éloignés.

L’analogie est filée de manière audacieuse


• Le bois de pins / salon de coiffure donne sur une pièce adjacente : « la salle de bains ». La métaphore est in absentia : est-ce qu’il s’agit d’une clairière avec un plan d’eau ?
• La propriétaire des lieux est absente, mais évoquée de manière mystérieuse « une créature ». Ce terme polysémique est riche en connotations : créature humaine / mythologique, femme légère ?
• Le mystère est entretenu par les adjectifs « une sauvage et noble créature ». Antéposés, ils retardent l’apparition du mot « créature ». Leur association inhabituelle est un paradoxe.
• Ponge fait alors surgir un autre lieu commun de la mythologie : la Vénus Anadyomène (la Vénus émergeant des flots inspire les peintres depuis l’antiquité).
⇨ Ponge ne peut ignorer la Vénus anadyomène iconoclaste de Rimbaud qui émerge « d’une vieille baignoire » (1870).

Transition


Dès cette courte introduction, Ponge nous laisse deviner que nous nous apprêtons à faire en réalité un voyage au cœur de la l’art et de la littérature.

Deuxième mouvement :
Un lieu d’une extrême sensualité



Brosserie odoriférante dans une atmosphère surchauffée et dans les vapeurs qui montent de la baignoire lacustre ou marine. Cieux comme des morceaux de miroirs à travers les brosses à longs manches fins tout ciselés de lichens. Odeur sui generis des cheveux, de leurs peignes et de leurs épingles. Transpiration naturelle et parfums hygiéniques mélangés. Laissées sur la tablette de la coiffeuse, de grosses pierres ornementales par-ci par-là, et dans les cintres ce pétillement animal, ce million d'étincelles animales, cette vibration musicale et chanteuse. À la fois brosses et peignes. Brosses dont chaque poil a la forme et le brillant d'une dent de peigne.
Pourquoi a-t-elle choisi des brosses à poils verts et à manches de bois violets tout ciselés de lichens vert-de-gris ? Parce que cette noble sauvage est rousse peut-être, qui se trempera ensuite dans la baignoire lacustre ou marine voisine. C'est ici le salon de coiffure de Vénus, avec l'ampoule Phébus insérée dans la paroi de miroirs.


Le détournement d’un registre élevé (proche de l’épopée)


• Le poète mime le ton incantatoire habituel des épopées : « Brosserie… Cieux… Odeur… Transpiration… » qui construisent des phrases nominales amples.
• Le poète évoque les « Cieux » pour les vider aussitôt de toute dimension religieuse « comme des morceaux de miroir » la comparaison est surtout visuelle.
• Notre regard est guidé à travers une scène mystérieuse, avec les CC de lieux « dans les vapeurs… à travers les brosses… »
• La description est riche, animée (hypotypose), multipliant les pluriels et les personnifications : « leurs peignes, leurs épingles … ce million d’étincelles animales ».
• Contraste incongru entre le bois de pin, le ton épique, et les instruments de toilette : par métaphore, les pins ressemblent à des « brosses à longs manches fins tout ciselés de lichens ».
⇨ Ponge veut impressionner et bousculer son lecteur avec un double effet d’immersion et de surprise.

Une immersion déroutante fondée sur les synesthésies


• Les perceptions se mêlent et se confondent (c’est ce qu’on appelle une synesthésie). La vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher notamment traduisent une expérience sensorielle intense.
• L'odorat arrive en premier : « brosserie odoriférante » puis « Odeur sui generis », « transpiration naturelle » et « parfums hygiéniques ». Naturel et artificiel sont « mélangés ».
• Le poète insiste sur la singularité de ces parfums : « sui generis » en latin, signifie « unique, qui n’appartient qu’à soi ».
• Le toucher est présent car l’« atmosphère » est « surchauffée ». L’adjectif est renforcé par le préfixe intensif « sur ».
• La vue se trouve dans les effets de lumière « morceaux de miroir … pétillement … étincelles ».
• Ces mêmes images ont une dimension sonore, puisque ce « pétillement » devient une « vibration musicale et chanteuse ».
⇨ Les deux univers sensoriels du bois de pins et du salon de coiffure se superposent pour créer une véritable symphonie.

Une symphonie qui relie des univers différents


• Les deux univers naturel / artificiel entrent en écho avec les allitérations en P « pins… peignes… épingles… poils » et les rimes internes « ornementales… animal… musicale… »
• Les sensations (comme la chaleur) sont accentuées par l’allitération en F : « odoriférante, atmosphère, surchauffée ».
• Certains rapprochements donnent une valeur esthétique aux métaphores, par exemple l’allitération en S : « cieux / morceaux / brosses / ciselés / cintres » cette variété de cintres, de lumières, de décors évoque même le théâtre.
• Une gradation sonore est introduite par les démonstratifs : « ce pétillement… ce million d’étincelles… cette vibration musicale et chanteuse ».
⇨ Ponge remplace le « ronron » de la poésie lyrique par une symphonie plus discordante et moderne.

Des effets de discordance amusants et modernes


• Le narrateur s’amuse à énumérer des objets féminins variés avec un champ lexical précis : « tablette de la coiffeuse… brosses à longs manches fins… épingles… dent de peigne ».
• Les règnes naturels sont mêlés. Animal : « poil, dent ». Végétal : « lichen, bois violets, lichens vert-de-gris ». Minéral : « miroirs, grosses pierres ». Aquatique « vapeurs, lacustre ou marine ».
• Le lexique relève de domaines inattendus : « sui generis » est juridique. L’adjectif « hygiénique » est plutôt médical.
• Ce qui relie les univers (l'analogie) a quelque chose de dérisoire et de comique : « la forme et le brillant » du poil de la brosse.
• Cet effet comique est renforcé par l’obstination du poète qui file ses images « brosserie… brosses à long manches… à la fois brosses et peignes… brosse dont chaque poil ».
⇨ L’audace de la métaphore est mise en relief par le vocabulaire employé, la grande liberté prise avec les analogies.

Une créature mystérieuse présente / absente


• Tout ce décor trahit le caractère de celle qui habite ces lieux. La « créature » évoquée dès le premier mouvement revient dans une interrogation directe « Pourquoi a-t-elle choisi des brosses à poils verts ? »
• Le poète répond lui-même à cette question (pourtant ouverte, qui n’a rien de rhétorique) « Parce que cette noble sauvage est rousse peut-être ». L’accord des couleurs semble guider cette hypothèse (rouge et vert complémentaires ?).
• Mais c’est étrangement la sonorité en V qui semble relier ces couleurs disparates « vert, violet, vert-de-gris ».
• Ce personnage féminin reste mystérieux : le pronom « elle » ne révèle pas son identité. Les mêmes termes sont répétés « noble sauvage » n’apportent pas de précision.
⇨ Ces indices nous laissent deviner une figure mythologique originale, mêlant des références variées.

Une figure mythologique originale


• Le poète essaye de deviner qui est cette créature, mais il le fait de manière évasive, avec le modalisateur « peut-être ».
• L’hypothèse évoque le fantasme de la femme « rousse » créature qui a des affinités avec les éléments air, terre, feu, eau.
• La dimension mythologique est dévoilée de manière théâtrale avec le présentatif « c’est » et l’adverbe de lieu « ici » qui introduisent le coup de théâtre final « c’est ici le salon de coiffure de Vénus ».
• Cette Vénus surgissant des eaux (souvent représentée blonde) par sa rousseur supposée, se superpose aux mythologies nordiques (Sirènes, Loreleï).
• Elle est aussitôt démystifiée : régnant sur un salon de coiffure éclairé par une ampoule nommée d’après Phébus, le Dieu du soleil ! Elle nous apparaît finalement comme une déesse de pacotille !
⇨ Ponge nous montre par l’exemple ce qu’il appelle « l’assassinat du poème par son objet ». Le bois de pins évoque tant d’imaginaires concurrents que les traditions poétiques volent en éclat, débouchant sur une écriture humoristique et moderne.

Troisième mouvement :
Un commentaire métapoétique original



Voilà un tableau dont je ne suis pas mécontent, parce qu’il rend bien compte d'un plaisir que chaque homme éprouve lorsqu’il pénètre en août dans un bois de pins. Un poète mineur voire un poète épique s’en contenterait peut-être. Mais nous sommes autre chose qu’un poète et nous avons autre chose à dire.
Si nous sommes entrés dans la familiarité de ces cabinets particuliers de la nature, s’ils en ont acquis la chance de naître à la parole, ce n’est pas seulement pour que nous rendions anthropomorphiquement compte de ce plaisir sensuel, c'est donc pour qu’il en résulte une co-naissance plus sérieuse. Allons donc plus au fond.


Ponge est-il vraiment satisfait de son travail ?


• Comme un peintre qui fait un pas en arrière pour regarder son « tableau » le présentatif « voilà » met ce travail à distance.
• Ponge mime la modestie avec la litote (double négation) : « je ne suis pas mécontent » signifie en fait « je suis satisfait ».
• Dans un premier temps, le « tableau » semble réussi : « il rend bien compte » d’un objet (objectif crucial à ses yeux).
• Mais aussitôt, Ponge nuance la réussite : « Un poète mineur voire un poète épique s’en contenterait peut-être ». Les termes « mineur » et « épique » sont dépréciatifs.
• Ponge revendique un projet différent qu’il oppose fermement avec l’adversatif « Mais nous sommes autre chose qu’un poète ».
• Ce projet est plus complexe à définir, d’où la répétition du mot « chose » : « nous avons autre chose à dire ».
• Il entre dans ce projet une idée élevée qui lui tient à cœur personnellement, ce qu’exprime le pluriel de majesté « nous ».
⇨ Ponge veut attirer l’attention de ses lecteurs sur la radicalité de son processus créatif.

Une expérience de découverte inédite


• Le lecteur lui-même est alors inclus dans ce « nous » qui entre avec le poète dans les « cabinets de la nature ».
• Il évoque ici les « cabinets de curiosités », phénomène qui date de la Renaissance et des Grandes Découvertes : ce sont des pièces où l’on présente des choses nouvelles, rares, originales souvent naturelles (définition du Littré).
• La seconde expérience que Ponge veut partager avec son lecteur, c’est d’assister à la « naissance » de ces objets par « la parole » : c’est alors une « co-naissance ».
⇨ Cette expérience qui associe le poète et son lecteur produit quelque chose de nouveau, une « con-naissance ».

Une expérience créative


• Le mot est inventé par Ponge pour mieux définir son projet, en soulignant le préfixe « co- » : « co-naître » désignerait la naissance d’un savoir, par un effort commun.
• Dans cette procédure, l’écrivain et son lecteur renouvellent ensemble leur rapport au monde. Ils doivent sortir d’un rapport humain « anthropomorphiquement » (adverbe).
• Il prend d’abord en compte « ce plaisir sensuel » mais « pas seulement » : il considère aussi une dimension « plus sérieuse ». La démarche esthétique est aussi scientifique.
• Enfin Ponge veut toujours aller plus loin : en clôture de ce texte, l’impératif « allons plus au fond » répond au « parlons simplement » du début.
⇨ Ponge nous propose une aventure. Sa poésie est une conquête qui relance sans cesse notre attention.

Conclusion



Bilan


• Dans cet extrait, Ponge nous accompagne d’abord dans la découverte d’un lieu à la fois familier et étrange, où le bois de pin tisse des liens de ressemblance avec un cabinet de coiffure.
• Ensuite, l’analogie est filée de manière surprenante, audacieuse, particulièrement sensuelle. Il joue avec habileté d’une multitude de références littéraires : locus amoenus des poètes lyriques, poésie épique, Vénus anadyomène…
• Cela permet enfin à Ponge de nous présenter l’originalité de son projet, qui a une dimension esthétique, mais aussi une ambition plus profonde : faire émerger une connaissance du monde inédite, avec la sagacité et la créativité de son lecteur.

Ouverture


• D'autres poètes comme Raymond Queneau s’attacheront aussi, avec humour et dérision, à réinventer le locus amoenus :
Il y a des morts et des blessés
parmi les végétaux abandonnés
qui regrettent peut-être la main du jardinier

Raymond Queneau, Battre la campagne, 1968.





Paul Cézanne, Le grand pin, 1896.